Pechelune

           Jérémie d’Angelo est un peintre et illustrateur français. Né d’un père sicilien et d’une mère périgordine à Agen en 1981, il passe une partie de son enfance dans le Lot-et-Garonne puis à Belvès en Dordogne. Après un parcours scolaire classique et un baccalauréat obtenu au lycée Bertran-de-Born de Périgueux, Jérémie réussit le concours du Conservatoire National d’Art Dramatique de Bordeaux. Durant quelques années il est comédien, avant de marquer une pause pour se consacrer à sa famille. Plus tard il trouve davantage de stabilité avec un métier dans l’informatique, une activité qui lui plaît mais qui ne lui permet pas d’assouvir sa soif de création artistique. Depuis plus de 20 ans, Jérémie dessine, il s’exprime aussi souvent par l’écriture, la photo ou par la peinture. L’art est pour lui une façon de traduire ses émotions, librement et sans contrainte. En 2018 il décide d’en faire un métier. Son studio de création est situé à Périgueux, pas étonnant car son nom d’artiste, Pechelune, est emprunté à une légende périgordine. Il travaille actuellement sur une série de portraits de célébrités mais sans visage et en noir et blanc.  Un concept surprenant et unique intitulé « Présence ». Ses œuvres sont vues, commentées et partagées dans le monde entier grâce aux réseaux sociaux mais aussi grâce au soutien croissant des modèles qu’il dessine. Pechelune, déjà exposé localement, exporte désormais son talent et sera prochainement visible dans différentes galeries, ailleurs… De nombreux projets fleurissent, tant le jardin est grand pour s’exprimer et faire  connaître le concept « Présence ».

Pourquoi "Pechelune" ? 

La légende de Pêche-Lune

 

        Il y a bien longtemps, dans un village du sud de la Dordogne, existait un drôle de personnage, un habitant un peu perché, un hurluberlu. Il soutenait mordicus à toute personne croisée sur son chemin, qu’il était capable de pêcher la Lune. Bien sûr, nul n’arrivait à le croire tant cet exploit pouvait paraître utopique. Le Pêche-Lune était son surnom.

Un âge certain mais pas trop sûr, pas très grand, brun, les yeux foncés, il était vêtu d’une cape noire et d’un chapeau de croquant. Le jour, personne ne le rencontrait. En revanche le soir, entre chien et loup, il sortait de chez lui, presque toujours à la même heure. Les enfants de ses voisins, intrigués par cet homme mystérieux et noctambule, l’observaient derrière leurs carreaux. Sitôt sa porte fermée à double tour, il se retournait lentement et observait quelques minutes le ciel étoilé. Jusqu’à ce que la nuit tombe. Puis Il grattait une allumette sur le talon d’une de ses bottes et allumait sa lampe à huile. A la lueur de celle-ci, les curieux pouvaient voir ses lèvres trembler, comme s’il murmurait quelque chose et qu’il entamait une conversation avec on-ne-sait-qui, on-ne-sait-quoi. Il déposait la lampe sur le sol, ensuite il se frottait les mains, a priori pour se les réchauffer ou en signe de préparation d’une nouvelle aventure… Sur son dos, un sac de jute accroché à l’aide d’une corde tressée. Sur son épaule, une canne à pêche fabriquée avec du bambou. Il descendait la rue d’un pas décidé, sa silhouette prenait le chemin de droite, celui qui descend la colline, vers le ruisseau. Les enfants qui le guettaient, changeaient de pièce, d’étage, de fenêtre pour le suivre du regard jusqu’à ce que son ombre disparaisse. S’en suivaient des histoires avant de s’endormir, ils inventaient et racontaient ce que pouvait être cette « pêche à la Lune ». Et toutes les péripéties qui sans doute, accompagnaient cette expédition.

Albéric avait 7 ans, il était un de ces petits amateurs de légendes. Bien emmitouflé sous sa couverture et son édredon, il écoutait, avec la plus grande attention, la voix de son père. Il lui racontait ce que Pêche-Lune lui avait confié lors d’une rencontre nocturne près du Moulin de la Nauze, alors qu’il allait pêcher l’anguille :

« Je te jure que c’est vrai, la nuit dernière je regardais ma ligne, tendue vers le ruisseau, elle était là, elle était là ! Au bout du fil, dans le miroir de l’eau, elle brillait tellement, tellement ! Elle me pétrifiait mais j’ai été courageux tu sais. J’ai attrapé mon sac et je l’ai posé juste à côté de moi, j’ai tiré sur le fil doucement, doucement… elle s’approchait peu à peu, l’eau scintillait, comme poudrée d’argent, c’était magnifique ! Et soudain, les grillons se sont arrêtés de chanter, c’était le moment : j’ai sauté dans la Nauze avec mon sac. Elle a disparu, je sais qu’elle n’y est plus et elle n’est plus dans mon sac. Elle est plus maligne que les écrevisses, ah ça oui ! Demain soir j’y retourne ! »

Même si cela semblait impossible et insensé, tous les soirs il repartait en quête de son astre merveilleux. Un matin, Pêche-Lune avait disparu; on raconte aujourd’hui qu’il aurait réussi la fameuse prouesse et qu’il serait parti vers d’autres aventures encore plus incroyables.

 

Jérémie d’Angelo (d’après les on-dit)

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